Fuite enterrée dans le jardin ou sous la cour, localisée sans creuser partout

Entre le compteur et le premier robinet de la maison court une canalisation qui vous appartient et dont l'entretien est à votre charge. Quand elle perd, l'eau se dilue dans le sol sans forcément remonter en surface. Le tracé est suivi depuis le dessus, par corrélation acoustique ou par gaz traceur, jusqu'au point à ouvrir.
- Corrélation acoustique
- Gaz traceur
- Traçage du tracé
Le réseau qui vous appartient : du compteur au robinet d'entrée
La limite est simple à retenir : en amont du compteur, la conduite relève du service public de l'eau et une perte y est traitée par le gestionnaire du réseau. En aval, tout est privé, y compris la partie enterrée qui traverse le jardin, passe sous une allée ou longe une clôture. C'est cette portion qui apparaît sur votre facture quand elle fuit, et c'est elle que la recherche prend en charge. Sur les parcelles de la périphérie bayonnaise, cette distance dépasse souvent la dizaine de mètres, parfois bien davantage sur les grands terrains des collines.
Les signes d'une fuite extérieure, et ceux qui trompent
Une zone d'herbe plus verte ou plus drue que le reste au milieu d'un été sec, un affaissement léger le long d'un cheminement, une flaque qui se reforme au même endroit après chaque averse, une pression qui a durablement baissé à l'intérieur : voilà les indices utiles. À l'inverse, un sol détrempé après plusieurs jours de pluie océanique n'indique rien du tout, pas plus qu'une mousse sur un muret. Le juge de paix reste le compteur, tous les points d'eau intérieurs étant fermés.
Localiser sous terre : corrélation, gaz traceur, traçage du réseau
La première étape consiste à retrouver le tracé lui-même, car il est rarement documenté. Un traceur électromagnétique le suit depuis le compteur et permet de matérialiser la conduite au sol. Ensuite, deux capteurs posés à deux endroits accessibles de la canalisation mesurent le décalage d'arrivée du bruit de la fuite : ce décalage donne la position du percement le long du tracé. Quand la conduite est en matériau souple ou que le débit est trop faible pour être entendu, elle est vidée puis mise sous gaz traceur, et le point de sortie du gaz est détecté en surface.
Terrains du BAB : sable du littoral, collines de l'intérieur, remblais
Le sol change tout. Les terrains sableux d'Anglet, de Tarnos ou du bord de mer drainent si bien que l'eau perdue disparaît en profondeur sans jamais laisser d'auréole : rien ne se voit, et pourtant le compteur tourne. Les collines de Mouguerre ou d'Ustaritz posent le problème inverse, l'eau suivant la pente et ressortant loin en aval du percement, souvent contre un mur de soutènement. Les remblais des lotissements récents, enfin, sont hétérogènes et transmettent mal le son, ce qui oriente vers le gaz traceur. Une localisation sérieuse commence par identifier le type de terrain, pas par sortir un appareil.
Ouvrir une seule fois, au bon endroit
L'intérêt de la démarche se mesure au moment des travaux. Sans localisation, la reprise d'une conduite enterrée passe par des sondages successifs qui abîment une pelouse, un enrobé ou une terrasse sur toute la longueur du tracé. Avec un point marqué, l'ouverture se limite à une fouille ponctuelle. C'est particulièrement décisif quand la canalisation passe sous un aménagement récent, une allée pavée ou une piscine.